2016-03-01 12:00 - Messages

Coup d'oeil sur la femme au travail
On dit souvent que la moitié du monde est une femme. La situation n'est pas différente au Québec où, selon Statistique Canada, on dénombrait 49,7 % d'hommes et 50,3 % de femmes en 2015. Au regard de l'emploi et du marché du travail, les femmes occupent une place de plus en plus importante. En 1980, les hommes représentaient près des deux tiers (62 %) de la population occupant un emploi tandis que 38 % des emplois étaient assurés par les femmes. Or, 35 ans plus tard, les Québécoises constituent près de la moitié de la main-d'œuvre (48 %). Ce qu'on dit peu toutefois, c'est que les femmes sont surreprésentées (65 %) dans les emplois à temps partiel par rapport aux hommes (35 %).
 
Les statisticiens et les démographes ont aussi démontré que les tâches associées à un emploi de même que la nature et les exigences d'un environnement de travail peuvent être différentes entre les hommes et les femmes. Ces distinctions selon le sexe du travailleur ont une réelle influence sur les risques pour leur santé et leur sécurité au travail. Pour obtenir ces indicateurs, l'IRSST a tenu compte de la catégorie professionnelle, de la profession, du nombre d'heures travaillées, de l'âge, de l'industrie et du nombre de travailleurs. Ces travaux ont donné lieu à la publication d'un dossier intéressant dans notre microsite Statistiques sur mesure. De plus, ces différences associées au genre et au sexe ne sont pas étrangères au fait que l'Institut et des partenaires subventionnent depuis 2013 la première chaire en SST sur le genre, le travail et la santé, dont la titulaire est Julie Côté de l'Université McGill. Son programme de recherche s'intitule « une meilleure compréhension pour une meilleure prévention des TMS liés au travail : une approche concertée selon le genre et sexe ». Cette initiative, entre autres, s'inscrit tout à fait dans ma philosophie en cette matière, c'est-à-dire que l'IRSST doit consacrer tout autant d'efforts de recherche à étudier les difficultés vécues par les femmes en milieu de travail que celles éprouvées par les hommes à l'égard de leur santé, de leur sécurité, mais aussi en matière de réadaptation au travail. Pour moi, il s'agit d'une question d'équité à l'endroit des femmes en matière de recherche. C'est notre contribution et j'y tiens. La recherche doit inclure TOUTES les catégories de travailleurs, dont les femmes puisqu'elles constituent près de la moitié de la main-d'œuvre.

À l'IRSST, la contribution des femmes sur le marché du travail n'est pas seulement une préoccupation de recherche; elle se traduit aussi par l'influence qu'elles ont dans notre organisation.

À toutes les femmes, mais particulièrement aux Québécoises qui font partie de la main d'œuvre active, je souhaite une journée internationale propice à la réflexion au regard de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Marie Larue