La SST et les stats

 

« Nous entendons par statistique la science qui a pour objet de recueillir et de coordonner des faits nombreux dans chaque espèce de manière à obtenir des rapports numériques, sensiblement indépendants des anomalies du hasard, et qui dénotent l'existence de causes régulières dont l'action s'est combinée avec celle des causes fortuites. »

Antoine-Augustin Cournot, mathématicien 

La statistique est un élément dont la recherche scientifique pourrait difficilement se passer. Son utilité est bien démontrée non seulement en mathématique, mais dans de nombreux domaines d'application. Certains ont beau dire, comme Edmond de Goncourt que « la statistique est la première des sciences inexactes », que seraient sans elle l'économétrie, la climatologie, la démographie, la métrologie, l'épidémiologie, le marketing, la sociologie et combien d'autres disciplines? Que deviendraient sans données les recensements, l'actuariat, les sondages d'opinion, les probabilités, les graphiques ou les histogrammes? Et pourrait-on concevoir la gestion sans l'apport d'indicateurs?  

En cette année internationale de la statistique, l'IRSST a d'ailleurs choisi Les statistiques au service de la recherche en SST comme thématique de son congrès institutionnel 2013. Si l'on a privilégié ce thème, c'est que la surveillance statistique joue un rôle important dans nos activités, et ce, à deux égards. Premièrement, depuis plus de 25 ans, notre personnel élabore des indicateurs quinquennaux de recherche, évalue le risque et la gravité des lésions professionnelles indemnisées, mais aussi réalise des profils statistiques par industrie, par catégorie professionnelle ou encore pour des populations spécifiques, comme les jeunes, les travailleurs vieillissants, les hommes et les femmes. C'est entre autres grâce à l'analyse de ces données que nous planifions nos orientations stratégiques et nos priorités de recherche. Deuxièmement, les statistiques sont également un élément important des projets de recherche eux-mêmes puisque l'ordonnacement des chiffres et des nombres sert notamment à formuler des hypothèses, à élaborer des protocoles, à étudier diverses variables ou encore à valider un résultat.  

Force est de constater que de nos jours, nous sommes beaucoup tributaires de la collecte, du traitement et  de l'interprétation des données. L'utilité de ces statistiques n'est plus à démontrer au point que nous avons décidé, après avoir réalisé des études de faisabilité, de produire des indicateurs sur une base annuelle plutôt que quiquennale pour améliorer nos capacités de réagir plus finement et plus rapidement. Nous avons aussi formé le Groupe de connaissance et de surveillance statistiques pour mieux soutenir l'IRSST dans ses exercices de planification stratégique et mieux cerner certains phénomènes récurrents, persistants ou émergents.

L'écrivain et humoriste américain, Mark Twain, a écrit « qu'il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques. » La formule de Twain est amusante, mais je ne suis pas d'accord avec celle-ci. Je crois que nous devons utiliser les statistiques en considérant tout simplement leur portée et leur limite.  

Au plaisir de vous croiser à notre colloque institutionnel si vous êtes des nôtres.