2011-12-01 12:00 - Messages

Une nouvelle structure et des voeux

Je dis souvent que ce sont les hommes et les femmes qui font les organisations. Pas les structures. Cela dit, il en faut tout de même ne serait-ce que pour encadrer les diverses fonctions d'une entreprise, faciliter la reddition des comptes et déterminer qui fait quoi et sous l'autorité de quelle personne. Or, le comité d'évaluation externe, qui s'est penché sur l'efficience de l'IRSST, nous a suggéré, dans son rapport, de modifier notre structure organisationnelle matricielle pour clarifier notamment les lignes d'autorité. Pour ce faire, nous avons entre autres remodelé la Direction de la recherche et de l'expertise (DREX) en regroupant ses activités dans trois divisions.

Nous aurons donc une division Prévention des risques chimiques et biologiques, une division Prévention des risques mécaniques et physiques et une division qui, pour le moment, porte le nom de Prévention, environnement et réadaptation au travail. Cette dernière division prendra en charge tout ce qui, dans l'environnement de travail, peut influencer la SST, notamment les troubles musculo-squelettiques. On y étudiera des questions tels le vieillissement de la population, l'arrivée de travailleurs immigrants, les jeunes, la santé psychologique, les variations climatiques, le Plan Nord, etc.

J'ai aussi annoncé au personnel de l'Institut que nous réduisons de sept à quatre le nombre de nos champs de recherche en fusionnant les champs Troubles musculo-squelettiques et Contexte de travail et SST, de même que les champs Bruit et vibrations, Sécurité des machines, des outils et des processus industriels, et Équipements de protection. Les deux autres, soit Substances chimiques et agents biologiques, et Réadaptation au travail demeurent comme ils étaient avant la restructuration. Encore là, en nous concentrant là où nous avons une masse critique et beaucoup d'expertise, nous croyons être en mesure de favoriser le travail interdisciplinaire et aborder les problématiques de façon plus large et multidimensionnelle. Nous dédions ainsi trois champs à la prévention des lésions et un quatrième à la réadaptation des travailleurs et leur retour en emploi.

Mais nouvelle structure ou pas, il faut bien se rendre compte que, malgré tout ce qui est fait en matière de prévention, le nombre absolu de décès attribuables aux accidents de travail et aux maladies professionnelles n'a pas diminué depuis 10 ans. Même si les connaissances ont évolué, les machines, les contaminants, les accidents routiers demeurent des causes importantes de lésions professionnelles. De plus, il ne faudra négliger aucun effort pour mieux prévenir l'apparition des maladies professionnelles qui, depuis quelques années, causent davantage de mortalité que les accidents du travail. À eux seuls, deux contaminants sont à l'origine de la plupart des décès associés aux maladies professionnelles. Là encore, les effets de ces substances sur la santé sont bien documentés, les méthodes d'utilisation sécuritaires existent et, si le danger ne peut être éliminé à la source, les moyens de prévention et les équipements de protection requis sont généralement disponibles. Pourtant, les problèmes liés à l'exposition à des substances chimiques bien connues persistent; ils cohabitent avec d'autres risques : bruit, vibrations, travail répétitif, postures contraignantes, cadence élevée, etc. Encore là, nous devons prévenir aujourd'hui pour éviter que les futures générations de travailleurs ne subissent le même sort.

Si les structures, elles, sont indispensables, les accidents, eux, ne sont pas une fatalité!

Et si j'avais un vœu à formuler pour la Nouvelle Année, je souhaiterais que, tous ensemble, nous puissions faire en sorte de réduire l'écart entre l'avancement des connaissances et les pratiques des milieux de travail en 2012.

Que la Nouvelle Année vous apporte santé, sécurité et prospérité.