2011-04-01 12:00 - Messages

La prévention au menu du jour... tous les jours!

Au Québec, le gouvernement a édicté, l'an dernier, une loi proclamant que le 28 avril est le jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail. Une loi semblable existe au Canada depuis 1990. En Europe, le Bureau international du travail a fait du 28 avril une journée mondiale de la santé et de la sécurité du travail. À cette occasion, un peu partout dans le monde, on se remémore pendant 24 heures que des travailleurs et des travailleuses sont victimes de lésions professionnelles.

Loin de moi l'idée de remettre en question la tenue de telles journées commémoratives puisqu'elles peuvent constituer le détonateur de réflexion conduisant à des pistes d'action. Mais la prévention n'est pas une affaire d'une journée; c'est un devoir quotidien. Il n'y a qu'à prendre connaissance du bilan des accidents du travail pour le constater. D'ailleurs, une campagne de publicité de la CSST nous rappelle présentement qu'un travailleur se blesse à toutes les six minutes et qu'un jour sur quatre un Québécois perd la vie au travail. C'est beaucoup. Beaucoup trop.

Il suffit de consulter les statistiques sur les lésions professionnelles pour conclure qu'elles pointent du doigt les mêmes causes. Ainsi, les décès par accident sont causés principalement par les accidents de transports, les contacts avec des objets ou de l'équipement et les chutes. À elles seules, ces trois causes expliquent la très grande majorité des accidents. On arrive à la même conclusion lorsqu'on examine les principales causes des maladies professionnelles puisque l'exposition à deux contaminants bien connus, l'amiante et la silice, explique une très forte proportion des décès causés par des maladies professionnelles. Il ne s'agit donc pas de problèmes émergents liés à de nouvelles technologies ou de nouvelles substances. Ce sont des problèmes récurrents pour lesquels les solutions de prévention existent. Et ce autant pour les maladies que pour les accidents du travail.

Alors, souhaitons que le 28 avril, et tous les autres jours de l'année, la prévention soit à l'agenda de chaque employeur, de chaque travailleur, de toutes les associations patronales, syndicales et professionnelles. C'est seulement de cette façon que nous pourrons, individuellement et collectivement, maîtriser les risques et éliminer à la source les dangers pour la santé, la sécurité et l'intégrité physique des travailleurs. La recherche peut aider, guider, soutenir les intervenants, mais elle ne remplacera jamais la prise en charge par les milieux de travail.