Le vieillissement de la main-d'oeuvre

Au Québec, le phénomène du vieillissement de la main-d'œuvre est en forte croissance depuis 10 ans et il le sera encore pour une dizaine d'années. Cette question interpelle la société en général, mais aussi le monde de la recherche, car l'augmentation du nombre de travailleurs âgés de 55 ans ou plus a des conséquences en termes de santé et de sécurité au travail. Le vieillissement engendre un processus de déclin des capacités physiques et affecte notamment les facultés cognitives.

S'il est vrai que les travailleurs plus expérimentés subissent moins d'accidents que les plus jeunes, ils sont par contre plus vulnérables, particulièrement les travailleurs manuels, aux risques de lésion avec atteinte permanente et aux maladies professionnelles. L'IRSST s'intéresse à cette problématique depuis quelques années et il poursuit des actions de sensibilisation auprès des chercheurs pour les inciter à considérer les particularités liées au vieillissement de la main-d'œuvre lors de l'élaboration de nouvelles propositions de recherche. 

Par ailleurs, les travailleurs plus âgés ont acquis, la plupart du temps sur le tas, des habiletés, des compétences et de l'expérience qui favorisent la productivité et la qualité, mais aussi leur santé et leur sécurité au travail. Souvent, les travailleurs avec le plus d'ancienneté accompagnent les plus jeunes et tentent de leur inculquer ces savoirs de métier et de prudence. Même si des études ont démontré que ce type d'apprentissage est influencé par plusieurs facteurs, ce  transfert de connaissances intergénérationnel est quelque chose qu'on doit encourager. Pas étonnant que le premier ministre du Québec ait évoqué cette question dans le discours inaugural de la session parlementaire qu'il a prononcé le 23 février devant l'Assemblée nationale. « Nous allons repenser notre organisation du travail pour que nos jeunes, notamment, bénéficient davantage des conseils de ceux qui ont de l'expérience. Nos aînés sont actifs. Nous avons besoin d'eux. Et nous les voulons en emploi aussi longtemps qu'ils le voudront. Ce sera la conciliation travail-retraite », disait-il.  

Les représentants patronaux et syndicaux doivent favoriser ce transfert intergénérationnel afin que les jeunes travailleurs puissent bénéficier de l'expérience et du savoir-faire des travailleurs plus âgés.  

Quoi qu'il en soit, on ne peut envisager uniquement des solutions s'appliquant aux personnes de 55 ans ou plus. L'IRSST estime qu'il faut aborder la question des âges en pensant au développement de l'individu tout au long de sa vie professionnelle et mettre en œuvre des modalités en matière de conditions de travail et de SST qui s'appliquent aux travailleurs de tous âges.

Commentaire

Claudette Émond a dit :

Je suis pour cette mesure. Mon conjoint qui est rembourreur et moi-même infirmière continuons à travailler même si nous avons plus de 60 ans.

C'est bon pour le moral et la vie sociale,le contact humain,  le transfert des connaissances, etc.

De plus dans le privé les gens n'ont pas de fond de pension, donc ils ne peuvent pas arrêter de travailler avant 65 ans et plus s'ils veulent avoir un petit peu de surplus monétaire, voir même l'essentiel et même dans le public.

Comme les médecins travaillent jusqu'à 75 et plus; pour l'expérience et le transfert des connaissnces il faut garder le personnel de la santé le plus longtemps possible au travail mais sans les obliger car chaque cas est différent.  L'important c'est de concillier travail et capacité; donc horaire flexible, semaine écourtée, etc.

Ce que les syndicats ont de la difficulté à s'adapter car ils veulent toujours remplacer les postes et pensent que les VIEUX doivent prendre la retraite pour laisser la place au sang neuf.

Que de pertes d'expertise et de bons employés travaillants qui aiment leur travail!

# avril 4, 2011 8:42

Marie Larue a dit :

Merci, Mme Émond, j'apprécie que vous ayez pris la peine de commenter mon billet. J'ajouterai seulement à votre propos que pour relever avec succès un tel défi, l'ensemble des acteurs -employeurs, syndicats et travailleurs- doit y contribuer.

# avril 4, 2011 9:52

Denise V. a dit :

Bonjour,

Je m'intéresse beaucoup aux conditions de travail pour les personnes qui vieillissent. Je suis à mi-cinquantaine et je dois travailler jusqu'à 65 ans pour avoir ma retraite. sauf! que je travaille dans un milieu d'agression des usagers (CRDI-TED). Je dois intervenir a tous les jours sur la violence de ma clientèle. Mon employeur exige de moi des inteventions physiques comme si j'avais 20 ans. Ce n'est pas facile...donc beaucoup d'employés doivent quitter avant la retraite ou bien diminuer les heures si c'est possible...

# avril 4, 2011 9:56

Vanessa Bueno a dit :

Bonjour,

Concrètement, de quelle façon les experts avec plus d'ancienneté peuvent accompagner les plus jeunes? Est-ce par jumelage, par shadowing ou par une formation plus théorique offerte par un expert? Comment les organisations, notamment celles avec des secteurs d'activités variés, peuvent adapter cet accompagnement de sorte à ne pas ralentir les activités?

# avril 4, 2011 11:34

Marie Larue a dit :

Bonjour Denise,

La Loi sur la santé et la sécurité du travail dit que l'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l'intégrité physique de ses travailleurs. Cela s'applique à tous les établissements, y compris au vôtre. Et les mesures qui doivent être prises s'appliquent autant aux travailleurs vieillissants qu'aux apprentis ou au plus jeunes.

Si vous voulez en apprendre davantage sur le transfert des savoirs de prudence, je vous invite à cliquer sur le lien suivant:  www.irsst.qc.ca/.../17-19.pdf .

# avril 5, 2011 1:53

Marie Larue a dit :

Bonjour Mme Bueno,

Il y a plusieurs façons d’assurer ce qu’on appelle la transmission des savoirs de prudence. L’IRSST a conduit des recherches sur ce sujet. Je vous invite vous aussi à consulter l'article suivant qui est paru dans le magazine Prévention au travail:  www.irsst.qc.ca/.../17-19.pdf .

# avril 5, 2011 1:55