2010-04-01 12:00 - Messages

À la mémoire des travailleurs décédés
Dans tout le Canada, le 28 avril de chaque année est désigné comme « Jour de compassion pour les personnes tuées ou blessées au travail ». C'est ce qu'édicte une loi adoptée, en décembre 1990, par la Chambre des communes en mémoire aux victimes de lésions professionnelles. Ce jour de deuil national est l'occasion de se souvenir des travailleurs qui ont perdu la vie à la suite d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle. En 2009, uniquement au Québec, ils étaient 185 à perdre la vie. Le personnel de l'IRSST tient à leur rendre hommage et à exprimer de la compassion à l'égard des familles et des collègues des travailleurs décédés.

Ailleurs dans le monde, plusieurs pays et organismes, dont l'Organisation internationale du travail, ont fait du 28 avril la journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail. Cette année, l'OIT a choisi pour thématique les risques émergents et les nouveaux modèles de prévention dans un monde du travail en évolution. Ces thèmes soulèvent l'intérêt non seulement des associations patronales, syndicales et des intervenants en SST, mais aussi du monde de la recherche. D'ailleurs, la réalisation de la mission de l'IRSST repose largement sur sa capacité d'adaptation aux nouvelles réalités du monde du travail qui est en perpétuel changement. C'est pour faire face à ce défi que l'Institut s'est notamment doté d'un Service de veille scientifique pour voir venir les problématiques en émergence. Les blogues de veille scientifique sont d'ailleurs une excellente source d'information pour toutes les personnes intéressées par la recherche en SST. Car si on ne peut que déplorer les morts du passé, nous pouvons ensemble améliorer les conditions de SST de demain afin que ce bilan des lésions professionnelles soit collectivement et individuellement moins lourd à supporter.

Ce défi, tous les intervenants doivent le relever : le monde de la recherche en élaborant des nouvelles connaissances ; les employeurs et les travailleurs en multipliant les efforts de prévention.

 

Marie Larue

 

NB : L'image est la copie d'une épinglette conçue par le Conseil canadien d'hygiène et de sécurité au travail.

Agir ensemble contre les cancers professionnels

Depuis quelques années, les indicateurs de lésions professionnelles démontrent un changement important.  Il y a maintenant davantage de mortalités causées par les maladies professionnelles que par les accidents du travail. Cette situation nous interpelle tous car les expositions d'aujourd'hui peuvent être à l'origine des maladies professionnelles demain. Il faut agir. D'ailleurs, l'Institut déploie des efforts afin d'apporter sa contribution, par la recherche, à la prévention des cancers professionnels.

Un cancer est dit « professionnel » s'il est la conséquence directe de l'exposition d'un travailleur à un risque physique ou chimique. Des facteurs environnementaux et personnels doivent également être pris en compte. Il est donc difficile d'évaluer avec précision la part attribuable aux facteurs professionnels. Toutefois, il est estimé qu'entre 4 et 8,5 % des cas de cancers seraient d'origine professionnelle. Selon certaines études, leur nombre serait sous-évalué en raison d'une longue période de latence et de la difficulté à établir un lien de causalité avec l'exposition au travail. 

Au cours de son exercice triennal 2009-2011, l'IRSST entend préciser son orientation en matière de recherche sur les cancers professionnels. Ce type de maladie professionnelle doit être considéré sous tous ses angles et, dans la recherche de meilleurs moyens de prévention, tous les acteurs concernés doivent unir leurs efforts. L'IRSST y prend part notamment en réalisant des bilans de connaissances, en effectuant des recherches sur des façons de modifier des procédés, de substituer des produits- ou encore pour améliorer les moyens de protection collective et individuelle lorsque l'élimination à la source est impossible. De plus, nous avons amorcé une réflexion sur les expositions mixtes et sur les liens entre le cancer et l'environnement.  

Chose certaine, que ce soit au Québec où ailleurs dans le monde, la prévention des cancers professionnels est à l'ordre du jour.

Nous en reparlerons sûrement. À bientôt.

Marie Larue