2009-06-01 12:00 - Messages

La SST et les jeunes - Si on en faisait le rendez-vous de l'été

C'est le temps des vacances, mais c'est peut-être aussi le temps d'un premier «  vrai » emploi pour les jeunes qui viennent de terminer une année scolaire ou d'autres qui font leur entrée sur le marché du travail dans un emploi permanent. Tout en gagnant de l'argent, ces jeunes feront des apprentissages et acquerront de nouvelles expériences.

La recherche d'un emploi peut s'avérer plus difficile dans le contexte économique actuel. C'est un problème réel. D'ailleurs, l'enquête sur la population active effectuée par Statistique Canada en mai dernier laissait déjà entrevoir un été difficile pour les jeunes en quête d'un emploi.

Dans la sphère d'activité de l'IRSST, un autre problème est celui des 20 000 travailleurs de 15 à 24 ans qui se blessent chaque année au travail. Et c'est sans compter ceux qui y perdent la vie.

Depuis le printemps 2004, dans le contexte de la démarche Opération jeuneSST, l'IRSST tente de mieux circonscrire les enjeux qui influencent les conditions de santé et de sécurité des jeunes au travail.

 Par ailleurs, on entend souvent dire que les jeunes travailleurs sont peu expérimentés, téméraires, moins engagés et moins loyaux face à leur employeur ; que le travail occupe une place moins importante dans leur vie et que leurs différences engendrent des conflits avec les autres générations. Nous avons organisé, l'automne dernier à Montréal, et plus récemment à Québec, une table ronde sur la santé et la sécurité des jeunes. Plus de 150 personnes y assistaient chaque fois, preuve que la question préoccupe. Trois jeunes racontaient leurs expériences et donnaient leurs opinions : Comment s'est passée leur intégration dans le monde du travail ? ; Est-ce la faute des jeunes travailleurs s'ils ont plus d'accidents ? ; Est-ce que les dangers du milieu de travail leur ont été expliqués ? ; Ont-ils reçu du soutien de leur employeur ou de travailleurs plus expérimentés ?

L'importance qu'ils accordent au fait de se faire expliquer quoi faire et comment le faire ressortait clairement. Le fait qu'un travailleur expérimenté prenne du temps pour leur dire comment faire les choses avait toujours été une expérience marquante.

 C'est lors de la rencontre de Montréal, je crois, qu'un travailleur expérimenté a déclaré : « Ces jeunes-là viennent chez nous, passent, puis ils s'en vont. C'est comme si on oublie qu'il y a une vraie personne derrière "le jeune", qui a vraiment envie de faire un bon travail. »  

Alors, oui, donnons leur du travail, mais aussi de la formation et de l'encadrement afin que l'expérience qu'ils en retireront leur serve lorsqu'ils intégreront le marché du travail pour de bon.

 Et si la question des jeunes au travail vous interpelle,  je vous donne rendez-vous le 22 octobre au colloque Les jeunes et la SST dans une société en mouvement . Entre-temps, je vous souhaite un bel été tout en santé et en sécurité.

 

 

 

Chercheurs vs praticiens

Les conférences scientifiques constituent un outil important pour les chercheurs, car ces événements leur donnent l'occasion de se regrouper pour, notamment, échanger entre eux sur une thématique donnée. Un chercheur peut y présenter ses travaux, prendre connaissance de ceux de ses pairs et être informé des plus récents développements de connaissance dans le domaine qu'il étudie. Les connaissances des uns s'ajoutant à celles des autres, les chercheurs de plusieurs disciplines finissent ainsi par mieux comprendre tous les phénomènes entourant une problématique et par proposer des solutions s'appuyant sur des données probantes.

 À une nuance près… c'est encore une fois ce qui s'est produit lors de la 4e Conférence internationale sur les risques liés à l'exposition aux vibrations transmises au corps entier,qui se tenait à Montréal au début juin. Organisée par l'IRSST et le Centre Concave de l'Université Concordia, cette 4e Conférence se démarquait des trois précédentes qui ne regroupaient exclusivement que des scientifiques. Là où Montréal s'est distinguée, c'est en ouvrant ses portes à des praticiens. C'était la première fois que cette conférence accueillait des gens qui ne font pas partie du monde de la recherche et cette initiative a semblé plaire aux participants.

Ainsi, une cinquantaine de médecins, d'ergonomes, de conseillers en réadaptation, d'hygiénistes et de préventeurs ont pu partager leurs préoccupations respectives. Il faut saluer cette initiative des organisateurs, même si la formule mérite d'être peaufinée. Il va de soi que les attentes des scientifiques lorsqu'ils participent à ce type de conférence ne sont pas les mêmes que celles, tout aussi légitimes, des praticiens. Ceux-ci souhaitent que ces conférences leur apportent des idées concrètes et des solutions applicables immédiatement alors que les chercheurs veulent y présenter leurs résultats, échanger avec leurs collègues sur les méthodologies, la portée des résultats et déterminer de nouvelles pistes de recherche.

Il n'en demeure pas moins que ce maillage entre le monde scientifique et le monde du travail contribue à rapprocher chercheurs et praticiens. Ces initiatives favorisent aussi une meilleure compréhension des préoccupations de chacun. Je ne peux que les encourager. Ainsi, les praticiens comprendront davantage ce qui motive les chercheurs et ceux-ci saisiront encore mieux ce à quoi sont confrontés les gens du terrain.

Somme toute, il s'agit là d'une solution gagnante-gagnante.