2009-03-01 12:00 - Messages

La recherche en SST vous intéresse-t-elle?

Le personnel scientifique de l'IRSST compte, à l'interne, une cinquantaine de chercheurs et de professionnels de diverses disciplines. À ces effectifs s'ajoutent une soixantaine de chercheurs universitaires, qui contribuent bon an mal an à l'avancement des connaissances, en proposant à l'Institut de mener des projets de recherche. Trois programmes de subventions s'offrent à eux : recherche par concours, recherche concertée et activité concertée.

Cette collaboration de chercheurs externes est importante. Elle permet notamment de diversifier l'expertise et d'aborder un plus grand nombre de problématiques en SST. Si les avantages sont évidents pour l'IRSST et ses partenaires, il y en a aussi de nombreux pour les chercheurs externes.

Ainsi, toute une équipe est en place pour soutenir les chercheurs externes souhaitant présenter un projet. Deux conseillères en gestion de la recherche peuvent les accompagner tout au long de leur démarche, soit du dépôt du protocole jusqu'à la livraison du rapport de recherche. Si besoin est, les chercheurs peuvent en outre bénéficier des conseils et de l'expertise des responsables de nos sept champs de recherche. Ceux-ci sont très au fait de la programmation, des préoccupations des milieux de travail et des problématiques en émergence dans leur domaine d'activité.

L'IRSST entretenant des liens étroits avec différents partenaires des milieux de travail telles les associations patronales, syndicales ou professionnelles, un chercheur externe peut ainsi obtenir un accès privilégié à des terrains de recherche et compter sur la collaboration des partenaires pendant le déroulement des recherches. De plus, dès l'élaboration du projet et jusqu'à son achèvement, un chercheur peut bénéficier du soutien d'un conseiller en valorisation afin, notamment, d'optimiser le transfert des connaissances vers les milieux de travail.

Selon le champ d'intérêt, les portes du Groupe connaissance et surveillance statistiques ainsi que celles des Services et expertises de laboratoire sont ouvertes pour contribuer de leur expertise.

Une brochure, Les programmes de subvention de recherche de l'IRSST - La clé de votre prochaine avancée scientifique vient d'ailleurs d'être publiée pour faire connaître l'essentiel de l'information relative aux programmes de subventions de recherche de l'IRSST. Vous pouvez la télécharger.

Chose certaine, l'apport des chercheurs externes est indispensable si le Québec veut disposer des ressources intellectuelles nécessaires au progrès et à l'innovation en SST. Alors, si vous êtes ou avez été un chercheur subventionné par l'IRSST, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires. Peut-être donnerez-vous ainsi le goût à d'autres scientifiques de s'investir en recherche en SST...

Au plaisir de vous lire!

 

Les recherches sur les femmes et le travail

À la suite de mon commentaire sur les femmes dans le monde de la recherche formulé à l'occasion de la Fête internationale du 8 mars, on me suggère d'aborder une autre facette, soit celle des recherches ayant pour objet les femmes et le travail.

Au cours des dernières années, l'IRSST a réalisé des projets ciblant des secteurs d'activités et des professions où les femmes étaient largement majoritaires. Mais, dans la majorité des cas, on constate que les projets de recherche en SST considèrent les travailleurs comme s'ils étaient une seule et même entité, sans vraiment prendre en considération les aspects biologiques ou socioculturels des hommes et des femmes. Sommairement, on pourrait dire que la recherche ne cherchait pas à savoir si les déterminants des lésions professionnelles étaient distincts selon le sexe des travailleurs. Une logique semblable s'appliquait aux résultats de recherche. En d'autres mots, on prenait pour acquis que les résultats des recherches s'appliquaient autant aux hommes qu'aux femmes.

Je ne dis pas ici qu'il est essentiel que chaque projet doive nécessairement analyser tous les facteurs de risque en fonction du sexe des personnes. Ce que l'on sait toutefois, c'est que ce type d'analyse distincte en fonction de variables tels le sexe ou  l'âge des personnes fournit des informations intéressantes, parfois même inédites, pouvant constituer de nouvelles pistes de recherche. C'est ce que fait notamment le Groupe connaissance et surveillance statistiques de l'IRSST depuis quelques années lorsqu'il approfondit les indicateurs des lésions indemnisées. En procédant ainsi, les scientifiques ont pu déterminer des différences entre les hommes et les femmes. Exemple : si les groupes à risque sont surtout dans les secteurs d'activités et les professions où se retrouvent majoritairement les hommes, des analyses plus fines permettent d'avancer que lorsqu'une profession ou un secteur d'activité compte un nombre suffisant de lésions et de travailleurs de chacun des deux sexes, les femmes affichent, dans la majorité des cas, un taux de prévalence supérieur à celui des hommes. L'IRSST a aussi mis en lumière que, dans les professions manuelles, si les hommes ont plus fréquemment des lésions, la durée moyenne d'indemnisation est plus longue pour les femmes que pour les hommes. Les femmes semblent aussi plus concernées par des situations de travail occasionnant des troubles musculo-squelettiques, ce qui pourrait expliquer qu'elles mettent plus de temps que les hommes à reprendre le travail.

Il va de soi qu'avec l'avancement des connaissances, d'autres réalités seront mises en évidence au cours des prochaines années. Je pense, entre autres, à la manutention. Certaines études indiquent que les femmes courent un risque accru de blessures au dos lorsqu'elles manipulent des marchandises ou déplacent des personnes comparativement aux hommes. Une équipe de recherche de l'IRSST a donc présenté un projet pour étudier, en laboratoire, les principes de manutention applicables aux femmes ; projet pour lequel un avis de pertinence et la priorité a été formulé par nos instances.

Chose certaine, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes, chaque fois qu'un développement de connaissance survient en SST, c'est tout le monde du travail qui en bénéficie.

 

Marie Larue

 

 

La place des femmes en recherche

En cette journée internationale des femmes, il est de bon ton de s'interroger sur la place des femmes dans le monde de la recherche en santé et en sécurité du travail. Si les femmes forment 54 % du personnel total de l'IRSST, elles ne représentent que 39 % des effectifs scientifiques. Et ce n'est pas parce que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à obtenir des bourses d'études supérieures de l'IRSST qu'il faille baisser les bras.

Il est vrai que les femmes représentent 58 % des effectifs de nos universités, mais elles se concentrent surtout dans les sciences humaines et les sciences sociales alors qu'elles sont largement sous-représentées dans les sciences naturelles et le génie, qui sont au cœur d'une partie importante de nos activités de recherche en SST. De plus, lorsqu'on regarde la proportion de femmes qui obtient un doctorat, on constate qu'elles ne forment que 45 % des diplômés.

Mais reconnaissons qu'elles gagnent du terrain. Elles devront cependant être plus nombreuses à soutenir des thèses doctorales si elles veulent occuper, dans le domaine de la recherche, une place qui correspond davantage à leur poids démographique. Le défi est là, mais les emplois y seront aussi ; les départs à la retraite des baby-boomers créant de belles opportunités. Et pas seulement dans le domaine de la recherche.

Bonne fête à toutes !

Marie Larue

PS : Je vous invite à consulter le Portrait des Québécoises en 8 temps que le Conseil du statut de la femme vient de publier.